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Vider ou maintenir pleine sa piscine durant la période de confinement ?

ARAQ

Communiqué

Objet : Vider ou maintenir pleine sa piscine?

23 mars 2020 — Le gouvernement ayant annoncé la fermeture prolongée des établissements scolaires de niveau primaire et secondaire jusqu’au 1er mai 2020 afin de réduire les risques de propagation de la COVID-19, plusieurs gestionnaires aquatiques se demandent si les piscines devraient être vidées ou maintenues pleines. L’ARAQ souhaite accompagner les gestionnaires dans leur prise de décision à l’aide des conseils et réflexions qui suivent.

Pour prendre une décision éclairée, il faut considérer que :

  • Les coronavirus sont très sensibles au chlore1;
  • Il n’y a pas d’évidence de risque de transmission de la COVID-19 par l’eau de baignade (CDC, 2020)2;
  • Une pression importante peut être exercée sur la structure après la vidange d’un bassin et qu’une pression supplémentaire peut être exercée sur la structure en raison de la nappe phréatique;
  • Certaines piscines sont construites sur des sols présentant des conditions particulières;
  • Une piscine vide est considérée comme un espace clos qui requiert des mesures de protection pour les travailleurs circulant à proximité;
  • La vidange d’un bassin représente une perte d’eau importante d’environ 750 000 litres (pour un bassin de 25 mètres avec 6 corridors);
  • L’eau stagnante dans le lit filtrant et autres parties du système mécanique peut, après la vidange du bassin, favoriser une prolifération de microbes et de bactéries;
  • À la reprise des activités, un bassin vide nécessitera plus de temps à remplir, à calibrer, à équilibrer et à réchauffer qu’un bassin maintenu plein.

Par ailleurs, le gestionnaire aquatique peut prendre en considération la date de la dernière vidange annuelle du bassin de même que la date de la prochaine vidange annuelle prévue. Par exemple, un entretien annuel prévu cet été pourrait être devancé et réalisé immédiatement.

Aussi, les installations qui requièrent des interventions importantes (travaux majeurs) pourraient faire l’objet d’un calendrier d’exécution des travaux correspondant à la présente période de fermeture, ce qui permettrait d’éviter des interruptions de service supplémentaires ultérieurement.

De plus, la date de reprise des activités est un facteur important à considérer dans la prise de décision. Pour les installations inopérantes en période estivale, il pourrait être judicieux de devancer la vidange du bassin.


Si le gestionnaire aquatique préconise de ne pas vider un bassin, un opérateur certifié devra notamment s’assurer que :

  • La circulation et la filtration de l’eau seront maintenues;
  • Le niveau de désinfectant sera réduit à 0,5 ppm (maintenir le pH entre 7,4 et 7,6);
  • Une visite quotidienne des installations permettra d’assurer le bon fonctionnement des systèmes (les tests physicochimiques pourraient être réalisés à une fréquence inférieure à ce qui est prévu au règlement durant la période de fermeture).

En outre, par souci d’économie d’énergie, le gestionnaire peut envisager de :

  • Réduire la température de l’eau à 60 degrés F (15 degrés C);
  • Réduire la température de l’air à 58 degrés F (14 degrés C)3, soit en deçà de la température de l’eau afin de réduire l’évaporation;
  • Réduire l’apport d’air frais dans l’enceinte du bassin exempt de chloramines;
  • Cesser les opérations de vidange en continu visant habituellement à assurer un apport quotidien en eau neuve;
  • Réduire la vitesse des pompes de filtration (s’il y a un variateur de vitesse);
  • Ne faire fonctionner qu’une seule pompe s’il y en a deux sur le réseau de filtration.

Si le gestionnaire aquatique préconise de vider un bassin, un opérateur certifié devra notamment s’assurer que :

  • Le bon fonctionnement de la vanne hydrostatique soit vérifié par un professionnel au moment de la vidange; s’il n’y a pas de vanne hydrostatique, de puits de vidange ou de système de drainage, le gestionnaire prendra les mesures appropriées afin de prévenir les bris pouvant être causés par la nappe phréatique;
  • Les mesures de protection requises seront mises en place afin de protéger les travailleurs (risque de chute et espace clos);
  • Les médiums filtrants feront l’objet d’un entretien particulier (notamment une surchloration suivie d’un rinçage) afin d’éliminer la flore microbiologique et bactérienne qui pourrait s’y former durant la période de stagnation.

Par ailleurs :

  • Les pataugeoires et les bains-tourbillon peuvent habituellement être vidés compte tenu de leur petit volume d’eau.
  • Les installations maintenues remplies qui sont dotées d’une fenestration généreuse pourraient être plus susceptibles de voir des algues se former; le cas échéant, brosser les parois touchées ou revoir légèrement à la hausse le niveau de désinfectant dans l’eau.

1 https://www.waterra.com.au/_r9550/media/system/attrib/file/2200/WaterRA_FS_Coronavirus_V11.pdf

2 Plus d’informations sur les risques de transmission de la COVID-19 par l’eau de baignade sont disponibles à l’INSPQ : https://www.inspq.qc.ca/covid-19/eau-potable-eau-baignade.

3 Certains systèmes de ventilation, de chauffage et de déshumidification ne permettent pas de réduire d’autant les points de consigne. Le gestionnaire aquatique peut alors préconiser un arrêt manuel de ces systèmes de traitement de l’air ambiant. Le cas échéant, il doit s’assurer de le faire en conformité avec les recommandations du fabricant et, au besoin, vidanger les lignes d’eau susceptibles de geler (notamment les conduits au toit).

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